- Jan 11, 2026
Je dois guérir avant d’avancer
- Le Bien dand l'Etre
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Quand l’idée de guérison totale devient un frein
Dans le domaine du bien-être et du développement personnel, l’idée qu’il faudrait être « guéri » avant d’agir est très répandue.
Guéri avant de changer de travail.
Guéri avant de créer.
Guéri avant de s’engager dans une relation.
Guéri avant d’oser.
Cette croyance part d’une intention compréhensible : ne pas reproduire les mêmes schémas, ne pas faire porter ses blessures aux autres, ne pas se mettre en difficulté.
Mais lorsqu’elle devient une condition préalable à toute action, elle se transforme en frein.
La guérison n’est pas un état final
La guérison est souvent présentée comme un objectif à atteindre : un état stable, réparé, apaisé, après lequel la vie pourrait enfin commencer.
Or, dans la réalité, la guérison n’est pas un point d’arrivée.
C’est un processus.
Un processus non linéaire, progressif, parfois inconfortable, qui se déploie dans le temps et souvent au contact de la vie réelle.
Attendre d’être totalement guéri pour avancer revient à attendre un moment qui, dans bien des cas, n’existe pas sous cette forme idéale.
Quand l’attente devient une immobilisation
De nombreuses personnes restent bloquées dans une phase d’introspection permanente.
Elles analysent, comprennent, identifient leurs blessures, leurs traumatismes, leurs conditionnements… mais n’agissent plus.
Cette immobilisation est parfois présentée comme de la prudence ou de la conscience.
Mais elle peut aussi être une forme sophistiquée d’évitement.
Car avancer implique de :
prendre des risques,
sortir de zones connues,
rencontrer des limites réelles,
confronter des blessures encore actives.
L’idée de guérison totale devient alors une excuse légitime pour ne pas se confronter au réel.
La vie ne demande pas d’être réparé, mais conscient
La vie ne demande pas une perfection intérieure.
Elle demande une capacité minimale à se responsabiliser, à observer ses réactions et à ajuster.
Il n’est pas nécessaire d’avoir réglé toutes ses blessures pour :
poser une décision,
commencer un projet,
changer une dynamique,
entrer en relation de manière plus consciente.
Souvent, c’est justement l’action qui permet à certaines blessures de se transformer.
Le mouvement met en lumière ce qui reste actif.
La relation révèle ce qui demande encore à être travaillé.
Avancer ne nie pas les blessures
Avancer ne signifie pas faire comme si les blessures n’existaient pas.
Cela signifie accepter qu’elles fassent partie du chemin.
Certaines blessures ne se résolvent pas dans l’analyse, mais dans l’expérience.
Elles se transforment lorsque la personne cesse de les considérer comme des obstacles absolus et apprend à avancer avec elles.
La guérison n’est pas une condition préalable à la vie.
Elle est souvent une conséquence du fait de vivre autrement.