• Jan 11, 2026

Si je rechute, c’est que je n’ai pas assez travaillé

  • Le Bien dand l'Etre
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Comprendre les cycles et la maturation intérieure

L’une des erreurs les plus fréquentes dans les parcours de développement personnel consiste à croire que le changement devrait être définitif dès lors qu’il a été compris.
Cette attente crée une pression silencieuse : celle de ne plus jamais revenir en arrière, de ne plus ressentir certaines émotions, de ne plus reproduire certains comportements.

Or, cette vision du changement repose sur un modèle irréaliste.

Dans la réalité, l’évolution intérieure ne fonctionne pas comme une progression linéaire. Elle ne suit ni une courbe continue, ni une trajectoire ascendante sans variations. Elle se construit par étapes, par cycles, par mouvements successifs d’intégration.

Quand la rechute est interprétée comme un échec

Dans les parcours de développement personnel, les rechutes sont fréquemment interprétées comme des signes d’échec.
Revenir à un ancien comportement, ressentir à nouveau une émotion déjà identifiée ou observer la répétition d’un schéma connu est souvent vécu comme la preuve que le travail n’a pas été suffisant.

Cette lecture est pourtant incomplète.

Elle repose sur l’idée implicite que la conscience devrait immédiatement produire un changement durable. Or, comprendre n’est pas encore intégrer.

Le développement humain n’est pas linéaire

Contrairement à une idée largement répandue, l’évolution intérieure ne suit pas une trajectoire droite et ascendante.
Elle fonctionne par cycles, par vagues successives, par phases de stabilisation et de remise en mouvement.

Un changement profond s’installe rarement de manière définitive dès la première prise de conscience.
Il nécessite :

  • des répétitions,

  • des ajustements progressifs,

  • des retours temporaires à l’ancien fonctionnement.

Ces retours ne signifient pas une absence de travail.
Ils indiquent souvent que le système est en train d’intégrer à un niveau plus profond.

Rechute ou consolidation : une différence essentielle

Ce qui est communément appelé « rechute » correspond parfois à une phase de consolidation.
L’ancien schéma réapparaît non pas pour reprendre le contrôle, mais pour vérifier s’il est encore nécessaire.

La différence se situe dans la qualité de conscience :

  • la personne identifie plus rapidement le schéma,

  • elle en comprend mieux les mécanismes,

  • elle retrouve plus vite une capacité de choix.

Il ne s’agit pas d’un retour au point de départ.
C’est un passage par un niveau déjà traversé, mais avec une perception différente.

Ce processus est comparable à l’apprentissage : revenir sur une notion déjà vue ne signifie pas avoir tout oublié, mais approfondir la compréhension.

Pourquoi les anciens schémas réapparaissent

Les schémas anciens sont rarement purement mentaux.
Ils sont souvent ancrés dans :

  • des mécanismes de sécurité,

  • des habitudes corporelles,

  • des réponses automatiques du système nerveux.

Ces réponses ont été construites pour protéger, stabiliser ou permettre l’adaptation à un contexte donné.
Elles ne disparaissent pas instantanément parce qu’une prise de conscience a eu lieu.

Elles s’estompent progressivement à mesure que de nouvelles réponses deviennent plus familières, plus accessibles et perçues comme sûres par le système.

Revenir ponctuellement à un ancien réflexe ne signifie pas que le travail est inutile.
Cela signifie que le système est encore en train d’apprendre.

La maturation intérieure demande du temps

La maturation intérieure est rarement spectaculaire.
Elle n’est pas toujours visible à court terme et ne produit pas nécessairement des changements immédiats et constants.

Elle est souvent :

  • discrète,

  • progressive,

  • cumulative.

Ce qui change réellement avec le temps, ce n’est pas l’absence totale de difficulté, mais :

  • la manière de les traverser,

  • la rapidité de récupération après un déséquilibre,

  • la capacité à ne plus s’identifier entièrement au schéma.

La transformation durable ne supprime pas toute difficulté.
Elle modifie la relation que l’on entretient avec celle-ci.

Changer de lecture sur les rechutes

Interpréter chaque retour à un ancien fonctionnement comme un échec entretient une pression inutile et contre-productive.
Cette pression peut elle-même renforcer les schémas que l’on cherche à dépasser.

Comprendre les cycles permet au contraire de soutenir le processus de transformation.
Cela permet d’observer les retours sans s’y identifier, et de reconnaître les signes d’intégration en cours.

Les rechutes apparentes ne sont pas toujours un signe de stagnation.
Elles sont souvent le signe que quelque chose est en train de s’ancrer plus profondément.

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